Premières impressions sur l'utilisation du Canon EF 35mm f/1.4 avec le Fuji GFX 100S II : en quoi le classique 35mm surprend-il sur le format moyen, quelles forces se révèlent et quelles questions restent encore ouvertes.
Transférer l'objectif classique de reportage Canon EF 35mm f/1.4 dans le monde du moyen format Fuji GFX 100S II est toujours un peu une expérience. Formellement, l'optique Canon est conçue pour un système plein format, mais le grand capteur GFX révèle un tout autre caractère d'image pour ce 35 mm. Dans ce post, je partage mes premières impressions – ce qui m'a immédiatement plu, et ce qui suscite des questions et nécessite un test plus approfondi.
Point technique : que faisons-nous exactement ?
Le Canon EF 35mm f/1.4 est un grand angle classique pour les appareils photo plein format avec monture EF : ouverture f/1.4, focale de 35 mm, angle de vue d'environ 63° en diagonale, schéma optique de 11 éléments en 9 groupes, diaphragme à 8 ou 9 lamelles (selon la version) et autofocus USM rapide.
Sur le Fuji GFX 100S II via un adaptateur, la situation change. Le moyen format a un capteur plus grand que le plein format 35 mm, donc :
- il n'y a pas de garantie officielle que l'objectif couvrira entièrement la surface du cadre sans vignettage ;
- le caractère de l'optique – netteté sur le champ, aberrations, vignettage – peut se manifester différemment ;
- l'autofocus fonctionne via un adaptateur, donc pas aussi rapidement et de manière prévisible que sur le boîtier Canon d'origine.
Mais c'est justement là que réside l'intérêt : voir comment se comporte un objectif bien connu dans des conditions atypiques.
Ce qui a plu
1. Caractère de l'image et « volume »
La première chose qui frappe est le volume de l'image. 35 mm sur plein format est un peu plus large que la « norme », mais sur le GFX, en raison des particularités de la couverture du champ et du travail avec les bords du cadre, l'image acquiert un charme supplémentaire. La perspective reste assez naturelle, sans distorsions caricaturales, mais en même temps, il y a une sensation d'espace plus grand dans le cadre.
La combinaison du grand capteur GFX 100S II et de l'optique 35mm f/1.4 offre une transition très fluide de la netteté au flou. Le même objectif sur plein format semble souvent plus « contrasté » en termes de profondeur de champ, alors qu'ici le flou est perçu plus doucement, de manière plus cinématographique.
2. Ouverture f/1.4 sur 100 mégapixels
Sur le papier, il peut sembler que monter un ancien (ou même un modèle mis à jour) 35 mm f/1.4 sur 100 MP est un défi pour ses capacités optiques. Mais en pratique, l'impression est positive : à pleine ouverture, le centre du cadre apparaît convaincant en netteté, et pour les portraits et le reportage, c'est plus que suffisant.
Dès que l'on ferme un peu le diaphragme (f/2–f/2.8), le GFX commence à montrer tout ce qu'il peut extraire de cette optique. La résolution, le micro-contraste, la texture de la peau et des tissus – tout cela est rendu très joliment, avec la « densité » d'image caractéristique de la série L de Canon.
3. Couleur et micro-contraste
Le Canon EF 35mm f/1.4 (surtout la version II) est connu pour son contraste agréable et ses aberrations chromatiques bien contrôlées grâce au verre UD, aux éléments asphériques et aux revêtements spéciaux. Sur le GFX, ces avantages se font également sentir : les couleurs sont pures, sans « traînée colorée » notable autour des contours contrastés, et le contraste ne s'effondre pas même en lumière difficile à contre-jour.
En pratique, cela signifie que les fichiers du GFX 100S II et du Canon 35mm f/1.4 se traitent facilement en post-production : on peut travailler tranquillement avec les ombres et les lumières tout en préservant la naturalité des couleurs.
4. Polyvalence de la focale
35 mm est une focale polyvalente : reportage, street, portrait environnemental, voyages, voire paysages minimalistes. Sur le GFX, elle se « décale » un peu vers un angle plus large, mais reste très pratique pour les sujets quotidiens. Si vous aimez travailler avec l'espace autour du sujet, cet ensemble ouvre de nombreuses possibilités.
Ce qui suscite des questions
1. Couverture du cadre et vignettage
La principale question technique est la couverture complète du capteur. Le EF 35mm f/1.4 est conçu pour les appareils photo plein format, tandis que le capteur GFX est plus grand. Cela signifie presque certainement :
- un vignettage notable à pleine ouverture ;
- des pertes possibles de netteté et de contraste sur les bords du cadre ;
- dans certains modes ou en utilisant pleinement la surface du capteur – même un léger « assombrissement » mécanique des coins.
Lors des premiers tests, le vignettage est perceptible, mais il a un caractère assez agréable – il attire doucement le regard vers le centre. Pour la photographie artistique, cela peut même être un atout, mais pour les tâches commerciales (architecture, nature morte, prises de vue techniques), ce comportement doit être pris en compte et éventuellement corrigé en post-production RAW.
2. Uniformité de la netteté sur le champ
Sur plein format, le 35mm f/1.4 (surtout la version II) montre un très haut niveau de netteté sur tout le champ du cadre dès les grandes ouvertures, surtout après une légère fermeture. Sur le GFX, où la partie arrière de la projection de l'objectif est « étendue » sur une plus grande surface, la question se pose naturellement :
- jusqu'à quelle distance du centre la netteté « utilisable » est-elle maintenue ;
- des aberrations notables apparaissent-elles près des bords ;
- comment l'image se comporte-t-elle lors de la mise au point à l'infini dans les scènes paysagères.
Les premières impressions sont les suivantes : pour les portraits et le reportage, où le sujet principal est généralement au centre ou légèrement décalé, il n'y a pas de problème. Mais pour les prises de vue où une détail uniforme dans tous les coins est importante, des tests séparés, un bracketing de mise au point et des prises de vue à différentes ouvertures sont nécessaires.
3. Fonctionnement de l'autofocus via l'adaptateur
Un autre point qui suscite des questions est le comportement de l'autofocus. Le moteur USM de Canon est en lui-même très rapide et silencieux, mais sur le GFX, il fonctionne via un adaptateur qui traduit en quelque sorte le « langage » entre les systèmes.
Lors des premières prises de vue, on ressent :
- l'autofocus ne fonctionne pas aussi sûrement que sur les objectifs GF natifs ;
- parfois, l'appareil effectue des micro-corrections, comme s'il « vérifiait » si la mise au point était correcte ;
- dans des conditions de faible éclairage, il y a parfois un léger « hunting » (recherche de mise au point).
Pour les sujets statiques et les portraits réfléchis, ce n'est pas critique – il y a le temps de refaire la mise au point ou de passer en mode manuel. Mais pour le reportage rapide, les scènes en mouvement ou les moments spontanés, cet ensemble nécessite de l'habitude et de la patience.
4. Équilibre, ergonomie et praticité
Le Canon EF 35mm f/1.4 pèse environ 580 g, mesure environ 86 mm de long et 79 mm de diamètre. Avec le boîtier GFX 100S II et l'adaptateur, cela donne un ensemble massif mais encore maniable. Les premières impressions sur l'ergonomie :
- l'équilibre est sensiblement décalé vers l'avant, mais tenir l'appareil d'une seule main reste possible ;
- la bague de mise au point de Canon est agréable, avec une course suffisante, ce qui favorise une mise au point manuelle précise ;
- la profondeur de champ à f/1.4 sur 100 MP est si faible qu'il est préférable de travailler en mode de prise de vue calme et réfléchie.
La question qui nécessite une réponse avec le temps : dans quelle mesure un tel ensemble hybride est-il pratique pour un travail prolongé – une journée entière de prise de vue, des voyages, du reportage.
Pour qui cet ensemble a-t-il du sens ?
Malgré toutes les questions, les premières impressions du Canon EF 35mm f/1.4 sur le Fuji GFX 100S II sont plutôt positives. Cette solution n'est clairement pas pour tout le monde, mais elle peut être intéressante pour :
- les portraitistes qui recherchent un portrait large plus « cinématographique » avec un grand capteur et un beau flou ;
- les photographes de reportage qui aiment le 35 mm mais veulent une autre plastique d'image et une réserve de résolution ;
- les photographes créatifs qui jouent consciemment avec le vignettage, la netteté inégale sur le champ et le caractère de l'optique plus ancienne ;
- ceux qui possèdent déjà un Canon EF 35mm f/1.4 et souhaitent l'exploiter au maximum sur un nouveau système sans acheter immédiatement plusieurs primes GF.
Premières impressions finales
Le Canon EF 35mm f/1.4 sur le Fuji GFX 100S II est une combinaison non standard mais très intéressante. Elle séduit par le caractère de l'image, la couleur, le bokeh fluide et le potentiel de résolution que l'objectif est encore capable de montrer même sur 100 MP. En même temps, des questions restent ouvertes concernant la couverture du cadre, le comportement de l'autofocus et la pertinence d'un tel hybride pour un travail commercial rapide.
Comme première rencontre, l'expérience inspire clairement à poursuivre les expériences : avec différentes ouvertures, sujets et conditions d'éclairage. Et après une série de projets réels, il deviendra clair si cette expérience se transformera en un outil de travail permanent.


Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!
Laisser un commentaire